La prise en compte des élèves manifestant le TDAH à Winnipeg (Manitoba, Canada)

Mis à jour : 7 août 2018

Au Canada, l’inclusion des élèves qui éprouvent des troubles du comportement fait débats ces dernières années. Les ministères de l’éducation, les divisions scolaires, les commissions scolaires, les directions d’écoles, les enseignants et enseignantes, le groupe de service aux élèves, voire les parents essaient tous de jouer leur partition pour favoriser l’inclusion de ces enfants dans la société, c’est-à-dire pour les accepter, les apprécier afin qu’ils se sentent en sécurité. Au Manitoba, ces enfants constituent le segment de la population de l’enfance en difficulté dont la croissance est la plus forte[1]. Cela devrait donc avoir pour effet d’augmenter les cas des enfants manifestant des problèmes de comportements à l’école.

Les problèmes de comportements sont divers. Massé L., Desbiens N. et Lanaris C. (2014) les classent en deux catégories :

· Les simples difficultés comportementales temporaires qu’un enfant ou un adolescent peut manifester à un moment ou à un autre de sa vie, qui sont des manifestations réactionnelles liées à un contexte donné, environnemental et social (désobéissance répétée, mensonge, crise, etc.)

· Les réels troubles du comportement (TC) qui peuvent être soit intériorisés (anxiété, dépression, comportement de retrait), soit extériorisés (déficit d’attention, hyperactivité, agression, opposition aux consignes, provocations, vols, violations graves de règles établies …).

Les manifestations de ces problèmes de comportement chez les élèves peuvent entraver leur adaptation à l’école, perturber grandement leur scolarité, leur socialisation et leur accès à l’apprentissage[2].

En effet, la désobéissance par exemple peut amener l’élève à ne pas respecter l’autorité institutionnelle, à ne suivre que sa propre voie, à tenir des propos irrespectueux voire injurieux envers les adultes, à agresser d’autres enfants pour des raisons futiles, à agresser des adultes qui lui imposeraient une contrainte, à faire sauter tous les verrous, tous les tabous.

Le mensonge quant à lui peut nuire à l’apprentissage de l’élève dans le sens qu’il peut mentir pour éviter de faire des devoirs, des tâches qu’il estime trop difficiles ou inutiles. Au contraire de l’objectif pour lequel un élève ment à ses camarades, mieux être accepté, peut devenir un obstacle à sa socialisation. Les autres élèves peuvent réaliser qu’il les trompe et le rejette plus fortement.

Une attaque de crise va non seulement déranger l’élève, sur le plan émotionnel, cognitif ou comportemental, mais également l’ambiance ou l’atmosphère de la salle.

Comme le nom l’indique, le déficit d’attention se traduit par un manque d’attention. Ce qui peut le rendre impulsif (difficulté de se contrôler, d’inhiber les réponses spontanées, …). D’après Massé L., Desbiens N. et Lanaris C. (2014) , l’élève qui en est atteint n’est pas capable de maintenir son attention ou son effort au travail. Il a des difficultés des difficultés sur le plan de la mémoire de travail, des difficultés à suivre les règles et les consignes, à s’organiser, à s’adapter en cours d’action.

L’hyperactivité réfère à l'élève dont l'agitation est telle qu'elle interfère avec son apprentissage et les activités de la classe. L'élève a de la difficulté à contrôler son impulsivité et à prévoir les conséquences de ses gestes[3]. Ils ne peuvent pas rester assis au même endroit, ils se déplacent sans l’autorisation de l’enseignant, ils font de bruits bizarres et de manière intempestive. En travaillant, ils ont tendance à agiter un membre. Tout objet environnant peut être considéré comme jouet par ces élèves. Ils ne peuvent pas attendre leur tour pour prendre la parole. Ils sont souvent envahissants (Barkley, 2006)[4]. T

Le comportement agressif peut être physique quand il se fait par des gestes pouvant provoquer une blessure physique (par exemple, piquer, mordre, frapper) ou verbal quand il se fait par des actions n’ayant aucun effet physique, mais visant à blesser intentionnellement les autres (par exemple, doigt d’honneur, injures, intimidation, harcèlement, …). L’agressivité peut se diriger contre soi-même, contre les pairs, contre les adultes (enseignants, enseignantes, directions d’écoles, etc) ou vis-à-vis des matériels.

Le trouble oppositionnel avec provocation (TOP) est caractérisé par un ensemble de comportements négativistes, provocateurs, désobéissants et hostiles envers les personnes en position d’autorité et qui persistent pendant au moins 6 mois[5]. Les élèves qui en sont victimes sont vindicatifs, ils se mettent souvent en colère, ils désobéissent aux consignes et ils provoquent énergiquement. Des comportements qui constituent un accroc à l’apprentissage et la socialisation.

Les comportements agressifs, de nature proactive, envers les personnes ou les animaux, destruction de biens matériels, sans agression physique, fraudes ou vols et les violations graves de règles établies sont qualifiées de troubles de conduites, si au moins a été présents au cours des 6 derniers mois[6]. Ces troubles peuvent avoir des répercussions négatives sur la socialisation de l’enfant puisqu’il peut ne pas avoir de remords ou de culpabilité, de la sensibilité, de l’empathie. Il peut être insouciant quant à ses performances à l’école[7].

Sur la cour de l’école ou dans la salle de classe, élèves et enseignants (tes) peuvent être confrontés (es) à des cas de harcèlement, c’est-à-dire des comportements offensants et inappropriés qui visent à blesser intentionnellement les autres. Il peut prendre différentes formes : moral, physique, sexuel, etc.

Selon le Ministère de l’éducation du Manitoba[8], les comportements inacceptables en milieux scolaires comprennent notamment :

L’intimidation et la cyberintimidation ; le harcèlement et la discrimination ; les menaces visant soi-même ou autrui; la fréquentation de gangs ; la possession d’arme ; la possession d’alcool, du cannabis (marijuana) ou de drogues illicites ou être sous l’effet de l’alcool, du cannabis (marijuana) ou de drogues illicites ; l’utilisation inappropriée d’Internet et de communications électroniques.

Dans le cadre de notre étude, le trouble de déficit de l’attention/hyperactivité

Les problèmes de comportements des élèves nuisent à leurs pairs aussi bien qu’à eux-mêmes, et nuisent donc au bon fonctionnement de l’école. En effet, les enfants qui les manifestent peuvent se désintéresser de l'école et s’absenter fréquemment, accuser de mauvais résultats scolaires, avoir des comportements agressifs et antisociaux, bavarder en classe, menacer les autres avec des objets dangereux, mettre des objets dangereux dans leur bouche, crier souvent dans les salles de classes, …

Cela devient compliqué quand ces comportements heurtent sur des obstacles comme l’attitude des personnels éducatifs envers les élèves qui les manifestent, les pratiques pédagogiques des enseignants qui sont plus efficaces lorsque le groupe est plus ou moins homogène, la réaction des enseignants voulant gérer l’ambiance de leur classe, l’impossibilité de répondre au standards, etc.

Les acteurs des milieux scolaires (directions des écoles, professionnels (es) de l’intervention, enseignants (tes), parents, pairs, etc.)[9], se sentent souvent peu outillés pour y faire face[10]

doivent trouver des stratégies pour gérer ces types de comportement.

Constatant que les approches punitives sont inefficaces pour régler les comportements négatifs, plusieurs provinces et territoires canadiens ont modifié leurs codes de conduites afin d’adapter des stratégies de discipline qui sont progressives et variables plutôt que normatives (Daniel et Bondy, 2008, cité par Ginette Roberge et Lissa Gagnon, p. 7).

Pour améliorer les résultats de l’école, l’efficience et l’équité de l’enseignement scolaire, il faut des directeurs et directrices d’école efficaces[11]. La gestion des élèves ayant des comportements inappropriés (problèmes de comportement ou des troubles comportement) est l’une des préoccupations des acteurs de l’éducation à Winnipeg et plus particulièrement des directions d’écoles qui doivent tenir comptent de la politique éducative du ministère de l’éducation, des écrits sur les problèmes de comportement des élèves, des pratiques des enseignants travaillant dans les classes contenant de tels élèves, des attitudes des membres des personnels, des infrastructures de l’école, etc. Quelles sont les stratégies de gestion du milieu, de l’espace et des comportements, mises en œuvre par les directions d’école pour favoriser un climat propice à l’apprentissage ou à l’enseignement (au niveau de l’école et de la salle de classe).

Vous lirez la suite dans notre prochain blog.


TDAH : Trouble Déficitaire de l'Attention avec Hyperactivité




Bibliographie

[1] Education, Formation et Jeunesse Manitoba, Cap sur l’inclusion, Relever les défis, Gérer le comportement, Section 5.23, p. 81, 2001

[2] Paola CARLI JARDEL (2015). Diaporama réalisé par la Conseillère Pédagogique ASH du Gers,

[3] Ménard C. Les représentations sociales des troubles du comportement d'élèves du secondaire fréquentant une classe d'accueil : Points de vue d'enseignants, de la direction, de parents et d'élèves. Université du Québec, Montréal. 2007, p. 34

[4] Cité par Massé L., Desbiens N. et Lanaris C. (2014).

[5] American Psychiatric Association (2000). Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (révisée 4e éd.). Washington, DC : Auteur. P. 117

[6] American Psychiatric Association (2000). Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (révisée 4e éd.). Washington, DC : Auteur. P. 110

[7] Massé L., Desbiens N. et Lanaris C. (2014), p. 23

[8] Ministère de l’éducation du Manitoba (2017). Code de conduite provinciale. Interventions et mesures disciplinaires appropriées. p. 6

[9] Marie-Ève Lacroix et Pierre Potvin, Université du Québec à Trois. Les comportements perturbateurs à l’école :

mieux les connaître pour mieux intervenir. Repéré sur : http://rire.ctreq.qc.ca/wp-content/uploads/2014/07/Les-troubles-de-comportements.pdf

[10] Massé L., Desbiens N. et Lanaris C. (2014), p. 2

[11] (Beatriz Pont, 2015)

http://www.oecd.org/fr/education/scolaire/ameliorerladirectiondesetablissementsscolairesvolume1politiquesetpratiquesetvolume2etudesdecassurladirectiondessystemes.htm


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