Quels comportements ralentissent le vieillissement du cerveau ?

Mis à jour : avr. 16


Beaucoup d’études montrent que le cerveau possède la capacité de se remanier au cours de la vie. Ainsi, l’expérience individuelle agit sur la maturation du cortex visuel chez une personne jeune et modifie son organisation chez un adulte. Cette capacité du cerveau à s’adapter est appelée plasticité, c’est-à-dire sa capacité à se modifier en réponse à une stimulation environnementale. Grâce à la plasticité cérébrale, l’apprentissage d’une nouvelle langue est possible tout au long de la vie mais les données scientifiques montrent que l’aisance de l’apprentissage et d’expression de cette nouvelle langue est d’autant plus faible que l’apprentissage se fait tard dans la vie. Cela témoigne d’un vieillissement cérébral qui est une diminution des capacités intellectuelles d’un individu. Or, on sait que le nombre de cellules nerveuses diminue d’environ 10 % au cours de la vie. Cela signifie que les capacités de remaniement cérébral diminuent au cours de la vie. Selon les recherchent actuelles, les activités physiques régulières, les activités intellectuelles régulières et importantes et la consommation de certains aliments peuvent agir sur le vieillissement cérébral. Comment ces comportements influencent-ils le vieillissement cérébral ?

1. Activité sportive et vieillissement cérébral


Les effets de la pratique d’une activité physique ont été étudiés (1) sur deux groupes différents d’individus pendant plusieurs années : ceux qui pratiquaient une activité physique moins de trois fois par semaine et ceux qui pratiquaient une activité physique plus de trois fois par semaine.


Les performances intellectuelles des individus qui avaient une activité physique moins de trois fois par semaine avaient commencé à baisser à partir de 72 ans alors que celles des individus qui pratiquaient une activité physique plus de trois fois par semaine se stabilisaient jusqu’à 82 ans. Lors de cette étude, on a aussi constaté que la baisse des performances intellectuelles est plus brutale chez les individus qui pratiquaient une activité physique moins de trois fois par semaine. On comprend que le vieillissement cérébral est moins important pour les individus qui pratiquent une activité physique régulière (de plus de trois fois par semaine).

2. Activité intellectuelle et vieillissement cérébral


Les effets de la pratique d’une activité intellectuelle ont été étudiés (2) sur deux groupes différents d’individus pendant plusieurs années : ceux qui pratiquaient une activité intellectuelle régulière et importante et ceux qui avaient un niveau d’activités intellectuelles faible.


On a constaté que la diminution annuelle du score global des performances intellectuelles des individus qui avaient un niveau d’activités intellectuelles faible était deux fois plus importantes que ceux qui pratiquaient une activité intellectuelle régulière et importante. On comprend que le vieillissement cérébral qui a lieu tout au long de la vie peut être réduit grâce à une activité intellectuelle régulière et importante.


3. Alimentation et vieillissement cérébral



Des chercheurs (3) ont suivi 3 777 personnes âgées, réparties en quatre groupes, pour étudier l’influence de différents paramètres sur le vieillissement cérébral. Au début de l’étude, en 1988, les individus sont âgés de 65 à 70 ans. On a analysé leurs habitudes alimentaires et on a réalisé régulièrement des tests neurologiques. Ainsi, l’évolution des performances intellectuelles pendant plusieurs années en fonction de la consommation de flavonoïdes a été suivi. Les flavonoïdes sont des composés polyphénoliques présents dans le vin, le thé, les fruits, les légumes... Ils sont essentiellement connus pour leur action antioxydante, participant ainsi à combattre les radicaux libres, molécules en cause dans de nombreux processus dégénératifs qui accélèrent le vieillissement des tissus. Le premier groupe de personnes consommait moins de 10,4 mg de flavonoïdes par jour, le deuxième groupe consommait entre 10,4 et 13,6 mg/j, le troisième groupe consommait entre 13,6 à 17,7 mg/j et le quatrième groupe entre 17,7 et 36,9 mg/j.



On a constaté que, pendant 10 ans, le score de réussite aux tests de performance intellectuelle (en unité arbitraire) pour le premier groupe varie de 28,25 à 26,2 ; pour le deuxième groupe, il varie de 28,3 à 26,8 ; pour le troisième, il varie de 28,5 à à 27,1 et pour le quatrième, il varie de 28,6 à 27,4 (3). Ces résultats montrent que plus la consommation de flavonoïdes est importante plus le score de réussite aux tests de performance intellectuelle reste élevé. Autrement dit, même si les performances intellectuelles diminuent chez tous les individus en fonction de l’âge, cette diminution est moins importante pour les individus qui consomment des flavonoïdes.


Une autre étude (4) a été réalisée sur 1 000 participants âgés de 18 à 88 ans au cours de laquelle les chercheurs ont analysé leurs données de neuro-imagerie cérébrale. La stabilité du réseau neuronal a été choisie comme biomarqueur du vieillissement cérébral. Ensuite, les chercheurs ont analysé l’impact du glucose et des cétones sur le cerveau de 42 participants âgés de moins de 50 ans. Dans un premier temps, pendant une semaine, les participants ont reçu une alimentation pauvre en glucides. Dans un deuxième temps, les chercheurs ont observé des participants à qui ils ont donné une dose de glucose un jour, une dose de cétones un autre jour.


Les chercheurs ont constaté que la communication fonctionnelle entre les régions du cerveau se déstabilise avec l’âge, généralement à la fin de la quarantaine. Ils ont aussi découvert que les sources de carburant jouent un rôle de modulation de ce biomarqueur du vieillissement cérébral. Le glucose a pour effet de diminuer la stabilité des réseaux alors que les cétones l’augmentent en fournissant plus d’énergie aux neurones.

Ces résultats montrent que le vieillissement cérébral peut être réduit par une consommation modérée d’aliments riches en glucose et par une consommation plus importante d’aliments riches en cétones.


Les aliments suivants ont un index glycémique élevé (ils sont riches en glucose) (4) : le sucre, le pain, la bière, les pâtes fraîches, les frites, le miel, les carottes, les pétales de maïs, le maïs, le riz blanc, les navets, la pastèque, le potiron, …


Les aliments suivants sont autorisés en quantité importante dans un régime riche en cétones (6) : les légumes pauvres en glucides (épinards, laitue, chou kale, etc.), les poissons, les fruits de mer, la volaille, les œufs, les huiles végétales, le vinaigre, le jus de citron, les olives, l’avocat, le beurre, le fromage à pâte dure (100 g par jour), la noix de coco ou encore les oléagineux (amandes, noisettes...), la viande, …


En conclusion, même si les capacités de remaniement cérébral diminuent avec l’âge, de nombreuses études réalisées sur un grand nombre d’individus ont permis de montrer que certains comportements peuvent ralentir ce processus. Le vieillissement cérébral est moins important chez les individus qui pratiquent une activité physique régulière (de plus de trois fois par semaine) ; il peut être réduit grâce à une activité intellectuelle régulière et importante. Il peut aussi être diminué par la consommation des flavonoïdes (composés polyphénoliques présents dans le vin, le thé, les fruits, les légumes). La consommation modérée d’aliments riches en glucose (le sucre, le pain, la bière, les pâtes fraîches, …) et la consommation importante d’aliments riches en cétones (les légumes pauvres en glucides (épinards, laitue, chou kale, etc.), les poissons, les fruits de mer, la volaille, les œufs, …) ralentissent le vieillissement cérébral.



Notes de références

(1) Jubault B. M. & al. (2012), SVT Terminale S spécifique, Éditions Nathan

(2) Jubault B. M. & al. (2012), SVT Terminale S spécifique, Éditions Nathan

(3) Jubault B. M. & al. (2012), SVT Terminale S spécifique, Éditions Nathan

(4) Pouyat J. (2020, 6 mars, mis à jour le 10/03/020). DPJ : Quelle alimentation ralentit le vieillissement du cerveau ? https://www.lanutrition.fr/quelle-alimentation-ralentit-le-vieillissement-du-cerveau

(5) Ramos L. E. (2020, 21 janvier). DPJ : 20 aliments à index glycémique élevé. https://www.doctissimo.fr/nutrition/diaporamas/20-aliments-a-index-glycemique-eleve

(6) Thibert C. (2019, 14 février, mis à jour le 15/02/2019 à 14:06). Le régime cétogène permet-il vraiment de maigrir? https://sante.lefigaro.fr/article/le-regime-cetogene-permet-il-vraiment-de-maigrir-/

(6) Zubiria L. (2018, juin) DPJ : Régime cétogène. https://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/Regimes/Fiche.aspx?doc=regime-cetogene


Bibliographie


Duco A & al., (2011), SVT 1ère S, Éditions Belin

Jubault B. M. & al. (2012), SVT Terminale S spécifique, Éditions Nathan

Lizeaux C et Baude D & al. (2011), SVT 1ère S, Éditions Bordas

Pouyat J. (2020, 6 mars, mis à jour le 10/03/020). DPJ : Quelle alimentation ralentit le vieillissement du cerveau ? https://www.lanutrition.fr/quelle-alimentation-ralentit-le-vieillissement-du-cerveau

Ramos L. E. (2020, 21 janvier). DPJ : 20 aliments à index glycémique élevé. https://www.doctissimo.fr/nutrition/diaporamas/20-aliments-a-index-glycemique-eleve

Thibert C. (2019, 14 février, mis à jour le 15/02/2019 à 14:06). Le régime cétogène permet-il vraiment de maigrir? https://sante.lefigaro.fr/article/le-regime-cetogene-permet-il-vraiment-de-maigrir-/

Zubiria L. (2018, juin) DPJ : Régime cétogène. https://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/Regimes/Fiche.aspx?doc=regime-cetogene


Par Jimmy PIERRE LOUIS

Mis à jour le 16 / 04 /2020 à 08:52 ; Publié le 14 / 04 / 2020 à 20:36

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